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Téléassistance : ce qui se passe vraiment quand on appuie sur le bouton

Bien vieillir

Un médaillon autour du cou et la famille se sent rassurée. Sauf que la téléassistance ne fait pas venir les secours par magie : elle déclenche une chaîne qui repose sur des proches capables d'arriver vite. C'est ce maillon-là qu'il faut regarder avant de signer.

Réponse rapide : la téléassistance repose sur un médaillon ou une montre relié à une plateforme téléphonique joignable jour et nuit. Quand la personne appuie, un professionnel la rappelle immédiatement par un haut-parleur installé chez elle et évalue la situation. Si elle n’est pas urgente, il prévient une des personnes inscrites sur la liste donnée à la souscription. Si personne ne répond ou si la situation est grave, les secours sont déclenchés. L’abonnement peut être pris en charge par l’APA, une caisse de retraite ou la mairie.

L’essentiel

Ce qui se passe vraiment quand on appuie

Le déroulé officiel est plus intéressant que la brochure commerciale, parce qu’il montre où sont les vraies limites.

La personne porte en permanence un médaillon ou une montre. Chez elle, un boîtier avec micro et haut-parleur est installé, relié à la ligne téléphonique ou au réseau. Quand elle appuie, un professionnel de la plateforme la rappelle immédiatement. Il lui parle à distance, sans qu’elle ait besoin d’atteindre un combiné, ce qui compte quand on est au sol.

Ce professionnel évalue le degré d’urgence. C’est son métier et c’est tout son métier.

Si la situation n’a rien d’urgent ni de dangereux, il contacte une des personnes figurant sur la liste que la personne a fournie en souscrivant. Une chute sans gravité, une angoisse à trois heures du matin, une porte claquée : ça se règle avec un voisin ou une fille qui habite à dix minutes.

Si la personne ne répond pas, ou si la situation présente un caractère urgent ou dangereux, l’intervention des secours est déclenchée immédiatement.

Le silence au bout du fil déclenche les pompiers. C’est la règle la plus importante du système, et presque personne ne la connaît.

Le maillon faible, c’est la liste

Reprenez le texte officiel. On indique « la liste des personnes à prévenir et qui peuvent se rendre rapidement au domicile ».

Rapidement. Le mot est écrit noir sur blanc, et il exclut beaucoup de monde.

Une fille qui travaille à Rennes pendant que sa mère vit dans le Loiret ne peut pas se rendre rapidement au domicile. Un voisin de 84 ans non plus. C’est là que le dispositif se grippe, et c’est exactement la population qu’il devrait couvrir : les personnes seules, sans famille proche géographiquement.

Je vois régulièrement des familles souscrire un abonnement en pensant avoir résolu le problème de l’isolement. Elles ont acheté un bouton, elles n’ont pas fabriqué un entourage. Ce sont deux choses différentes, et la deuxième ne s’achète pas.

Le marché a compris le problème. Des opérateurs commencent à proposer des offres « sans référent », où la plateforme prend en charge la suite sans exiger qu’un proche soit désignable. D’autres sortent des montres connectées avec GPS et détection d’immobilité, censées protéger aussi hors du domicile. La direction est logique. Le prix et les conditions varient beaucoup d’un opérateur à l’autre, et rien n’oblige à décrire précisément ce qui se passe quand personne ne peut venir.

Avant de signer, posez une seule question à l’opérateur : que se passe-t-il concrètement si aucune de mes personnes à prévenir n’est joignable ?

C’est aussi pour cette raison que le registre communal, dont les règles viennent de changer, reste utile en parallèle : la mairie ne remplace pas une famille, mais elle sait au moins qu’une porte existe.

Qui paie la téléassistance ?

Trois financeurs possibles, et un avantage fiscal. Ils ne s’empilent pas librement.

L’APA à domicile. L’allocation personnalisée d’autonomie est une aide versée par le département aux personnes de 60 ans et plus en perte d’autonomie. Une équipe médico-sociale évalue les besoins et rédige un plan d’aide. Les dépenses de téléassistance peuvent être inscrites dans ce plan. C’est le département qui décide, ce qui explique les écarts d’un territoire à l’autre. J’ai détaillé ailleurs ce que contiennent réellement ces plans d’aide.

Les caisses de retraite. L’Assurance retraite du régime général, la fonction publique d’État et la MSA proposent des aides à l’autonomie à domicile, téléassistance comprise, après évaluation des besoins. La demande se fait auprès de sa caisse. Attention à la règle de non-cumul : une personne bénéficiaire de l’APA, ou éligible à l’APA, ne peut pas obtenir en plus une aide de sa caisse de retraite portant sur la même chose.

La commune. Sous conditions, des mairies participent aux frais d’installation ou à l’abonnement. Certaines communes et certains départements gèrent même leur propre service de téléassistance. Cette piste est la plus mal connue et souvent la plus rapide à activer : un appel au CCAS suffit à savoir.

Le crédit d’impôt. Les dépenses de téléassistance ouvrent droit au crédit d’impôt au titre des services à la personne. Il s’agit du même avantage fiscal que pour l’aide à domicile, égal à la moitié des sommes engagées, versé même quand on n’est pas imposable.

Un point de méthode pour les familles : additionnez d’abord ce que couvre le plan d’aide APA, puis regardez le reste. Solliciter la caisse de retraite avant d’avoir demandé l’APA fait souvent perdre du temps pour rien.

Ce que vous pouvez faire

Méthodologie & sources

Sources primaires :

Paul Schneider
Une interview, une tribune, une question sur ce sujet ?Paul Schneider intervient régulièrement dans les médias sur le bien vieillir, l'aide à domicile et l'habitat partagé.Contacter Paul

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