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Attestation d'honorabilité : qui vérifie le passé de votre aide à domicile

Aide à domicile

Une personne condamnée pour violences n'a pas le droit de travailler auprès de personnes âgées. La règle existe depuis longtemps. Ce qui manquait, c'était la machine pour la vérifier. Un décret d'avril 2026 vient de l'installer.

Réponse rapide : l’attestation d’honorabilité est un document délivré par le département après consultation du casier judiciaire d’une personne et du fichier national des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Un décret du 28 avril 2026 la rend obligatoire pour les professionnels et les bénévoles qui interviennent auprès de personnes âgées ou handicapées. Les employeurs disposent de six mois pour la récupérer. Une famille qui embauche elle-même son aide à domicile reste en dehors de ce circuit.

L’essentiel

L’interdiction existait déjà. La vérification, non

Il y a une chose que beaucoup de familles croient acquise : que quelqu’un, quelque part, a regardé le passé judiciaire de la personne qui entre chez leur mère.

La règle de fond, elle, est ancienne. Le code de l’action sociale et des familles interdit à toute personne définitivement condamnée pour un crime, ou pour une série de délits qu’il énumère, d’exercer une fonction quelconque dans un établissement, un service ou un lieu de vie qu’il régit. Les services à la personne sont visés au même titre.

L’interdiction est large. Elle ne porte pas seulement sur les fonctions de direction. Elle couvre le fait d’y exercer, à quelque titre que ce soit.

Une règle sans procédure de contrôle est une règle qui repose sur la bonne foi de celui qu’elle vise.

C’est le point que le décret d’avril 2026 vient corriger. Le secteur de la protection de l’enfance disposait déjà d’un système : un fichier informatique, une attestation, un contrôle avant la prise de poste. Ce système est désormais étendu aux professionnels et aux bénévoles qui interviennent auprès des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

Le déploiement se fait par vagues régionales, et les employeurs disposent ensuite d’un délai de six mois pour collecter l’attestation auprès de leurs équipes.

Ce que l’attestation vérifie, et ce qu’elle ne dit pas

Le mécanisme est simple à décrire.

La personne fait sa demande auprès du département. L’administration interroge deux sources. D’abord le bulletin n° 2 du casier judiciaire, qui recense les condamnations et que l’intéressé ne peut pas obtenir lui-même. Ensuite le fichier national qui recense les auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Si rien n’y figure parmi les condamnations visées par la loi, l’attestation est délivrée.

L’employeur, lui, ne reçoit pas le casier judiciaire de son salarié. Il reçoit une attestation, c’est-à-dire une réponse binaire. Il vérifie qu’elle existe et qu’elle est authentique, avant le début de l’activité puis à intervalles réguliers.

Ce point mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il répond à une objection fréquente. Le dispositif ne transmet pas le passé judiciaire d’un salarié à son directeur. Il transmet une conclusion.

L’attestation devient caduque dès qu’une condamnation définitive vient s’inscrire au casier : elle ne fige pas une situation au jour de l’embauche.

Il faut aussi dire ce qu’elle ne fait pas. Elle ne repère ni les signalements sans suite judiciaire, ni les procédures en cours, ni les faits jamais portés devant un tribunal. Elle ne remplace donc pas ce qui reste le premier filtre réel : les contrôles des services de l’État sur les structures, la vigilance des équipes, et la parole des personnes accompagnées. J’ai décrit ailleurs qui inspecte les établissements et ce qu’une famille peut déclencher.

Une interdiction prononcée par un juge obéit par ailleurs à sa propre logique. Elle porte sur ce que le jugement vise. Une peine d’interdiction d’exercer auprès d’un public donné ne s’étend pas automatiquement à un autre public. C’est une des raisons pour lesquelles un contrôle administratif systématique, distinct de la peine, avait un sens.

« Et si j’emploie moi-même l’aide à domicile de mon père ? »

C’est la question qui compte pour beaucoup de familles, et la réponse est nette : vous n’entrez pas dans ce dispositif.

L’obligation pèse sur les employeurs et les gestionnaires d’établissements, de services et de lieux de vie. Quand une famille recrute directement une auxiliaire de vie et la déclare au Cesu, elle n’est ni un établissement, ni un service. Personne ne lui demandera d’attestation, et elle ne peut pas en demander une.

Le seul document accessible dans cette configuration est le bulletin n° 3 du casier judiciaire. C’est l’extrait le plus restreint, celui qui ne mentionne que les condamnations les plus lourdes. Un employeur privé a le droit de le demander à un candidat. Mais seul l’intéressé peut l’obtenir, gratuitement, en ligne. Il reste libre de le produire ou non.

Deux réflexes utiles, donc, si vous recrutez en direct.

Demandez le bulletin n° 3 au moment de l’entretien, en expliquant pourquoi. La demande est légitime quand il s’agit de confier les clés d’un appartement et les papiers d’une personne vulnérable.

Vérifiez ensuite son authenticité. Le ministère de la Justice met en ligne un service qui permet de contrôler qu’un extrait présenté comme vierge l’est réellement.

Et gardez en tête que le passé judiciaire n’est qu’un des deux risques. L’autre se construit dans la durée, par l’isolement et la confiance mal placée. J’ai détaillé ailleurs ce que la loi punit sous le nom d’abus de faiblesse et les deux protections à activer tôt.

Ce que vous pouvez faire

Méthodologie & sources

Sources primaires :

Paul Schneider
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