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Aide à domicile : l'étude qui prépare le futur financement voit 17 % des heures

Aide à domicile

Un décret du 11 août 2026 a autorisé la première étude nationale de coûts de l'aide à domicile. Elle porte sur 437 services, soit 7 % du secteur. J'ai regardé ce que ces 437 services pèsent en heures d'aide : 17 %. La division n'avait pas été publiée.

Réponse rapide : l’État mesure pour la première fois ce que coûte une heure d’aide à domicile. L’étude de coûts observe 437 services, soit 7 % des services autorisés en France. Ces mêmes 437 services réalisent 17 % des heures d’aide financées par l’APA et la PCH. J’ai fait la division que personne n’a publiée : un service du panel pèse en moyenne 2,4 fois plus d’heures qu’un service français moyen. Les résultats sortiront en 2027 et serviront à discuter du financement du domicile.

Les chiffres clés

Ce que l’État s’apprête à mesurer

Commençons par le vocabulaire, parce qu’il a changé récemment.

Un service autonomie à domicile, ou SAD, c’est la structure qui envoie une auxiliaire de vie chez une personne âgée : aide au lever, à la toilette, aux repas, aux courses. Depuis la réforme de 2023, cette catégorie unique remplace les anciens services d’aide à domicile et, quand la structure fait aussi du soin infirmier, les anciens services de soins.

Ces services sont payés en partie par les départements, au titre de deux aides publiques : l’APA, l’allocation personnalisée d’autonomie versée aux personnes âgées en perte d’autonomie, et la PCH, la prestation de compensation du handicap. Un prix plancher par heure s’impose à tous les départements. Il est de 25,00 € depuis le 1ᵉʳ janvier 2026.

Ce prix plancher n’a jamais été construit à partir d’une mesure nationale du coût réel d’une heure d’aide. Il évolue chaque année selon un paramètre de la Sécurité sociale, sans lien avec ce que les services dépensent. J’ai déjà montré ici que sa hausse de 2026, 42 centimes de l’heure, était absorbée en entier par une seule revalorisation salariale.

C’est ce trou-là que l’étude vient combler. Le décret n° 2026-769 du 11 août 2026, publié au Journal officiel du 13 août, autorise le traitement des données nécessaires. L’ATIH, l’agence qui fait déjà ce travail de mesure des coûts pour les hôpitaux, en assure la conduite. Le recueil a lieu en 2026, les résultats sont attendus en 2027.

Pour la première fois, l’État va savoir ce qu’une heure d’aide à domicile coûte vraiment à ceux qui la produisent. C’est une bonne nouvelle. Je l’écris sans réserve, parce que le secteur discute de son financement depuis quinze ans avec des chiffres que personne ne peut vérifier.

Reste à savoir sur qui on mesure.

Pourquoi 7 % des services pèsent-ils 17 % des heures ?

La CNSA a publié deux chiffres sur son panel. Les 437 services représentent 7 % des services autorisés en France. Et ils réalisent 17 % des heures d’APA et de PCH du pays.

Personne n’a posé la division. La voici : 17 divisé par 7 donne 2,43.

Un service du panel réalise en moyenne 2,4 fois plus d’heures d’aide qu’un service français moyen. Le panel n’est pas une maquette réduite du secteur. C’est le secteur vu depuis ses services les plus lourds.

Deux explications sont possibles, et elles se cumulent sans doute. Ces services sont plus gros que la moyenne. Ou bien ils sont davantage tournés vers les publics APA et PCH que la moyenne, avec moins de clientèle payante à côté. Dans les deux cas, le poids en heures est concentré.

Je précise tout de suite ce que ce chiffre ne dit pas, parce que la nuance compte. La CNSA indique que l’échantillon reflète la diversité du secteur : statuts juridiques variés, implantations urbaines, rurales et péri-urbaines, tailles différentes. Un cinquième des structures retenues font à la fois de l’aide et du soin. Je n’ai aucune raison de mettre en doute cette diversité, et l’agence a manifestement travaillé son recrutement.

Mais la diversité et le poids sont deux choses différentes. Avoir des petits services dans le panel ne suffit pas si la moyenne finale est tirée par les gros. C’est une question de pondération, pas de bonne volonté.

Est-ce que la taille d’un service change le coût d’une heure ?

Oui, et le mécanisme n’a rien de mystérieux.

Une heure d’aide facturée n’est pas une heure de travail payée. Entre deux visites, l’auxiliaire de vie se déplace. Ce temps est payé, il n’est pas facturé au bénéficiaire. Dans une commune rurale où les logements sont éloignés, ce temps mort est plus long que dans un quartier dense où trois interventions tiennent dans la même rue.

Ajoutez les frais qui existent quelle que soit la taille : la coordination, les plannings, le remplacement d’une salariée malade, l’astreinte. Un service qui produit 200 000 heures par an étale ces frais sur 200 000 heures. Un service qui en produit 20 000 les étale sur dix fois moins.

Le coût d’une heure n’est donc pas le même partout. Il dépend de la densité du territoire et de la taille de la structure.

Si l’étude publie une moyenne nationale sans la découper par taille et par territoire, elle produira un chiffre exact et inutilisable. Exact, parce que les données seront réelles. Inutilisable, parce qu’un tarif calé sur cette moyenne serrerait d’abord les petits services ruraux, qui sont précisément ceux qui tiennent les zones où personne d’autre ne va.

Je ne dis pas que ce sera le cas. Je dis que la question doit être posée avant les résultats, pas après. Une fois qu’un chiffre unique circule, il devient très difficile de lui accoler ses réserves.

Ce que je demande, et c’est simple à faire

Trois publications, au moment des résultats en 2027.

Les coûts détaillés par taille de service et par type de territoire, en plus de la moyenne nationale. Le poids réel de chaque service dans l’échantillon, avec le redressement statistique appliqué pour refléter le secteur entier. Et la méthode complète, assez tôt pour que les fédérations et les départements puissent la discuter avant les arbitrages budgétaires.

L’argument financier joue en faveur de cette transparence. Chaque service participant reçoit 5 000 € pour le travail de saisie. Sur 437 services, cela représente 2,2 millions d’euros d’argent public, face à des dépenses d’APA de 7,4 milliards d’euros par an. L’investissement est minuscule et il est bien employé. Autant en tirer un résultat qu’on peut utiliser.

Ce que vous pouvez vérifier, concrètement

Méthodologie & sources

Tous mes calculs se refont à la calculatrice à partir des chiffres publiés. Je donne les hypothèses.

Sources primaires :

Paul Schneider
Une interview, une tribune, une question sur ce sujet ?Paul Schneider intervient régulièrement dans les médias sur le bien vieillir, l'aide à domicile et l'habitat partagé.Contacter Paul

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